Voici ce que l’on appelle « démocratie » dans les pays occidentaux, et particulièrement en France:

Nos hommes politiques n’ont qu’un seul objectif, c’est de se faire élire et réélire, et ceux qui les « suivent » ne le font que pour accéder aux postes les plus influents ou les plus rémunérateurs (je ne parle évidemment pas des élus locaux de petites communes qui défendent vraiment leurs électeurs du mieux qu’ils peuvent dans la jungle des contraintes centralisatrices de la France).
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder leurs réactions en cas de victoire: ce ne sont que congratulations mutuelles et contentement de soi. Jamais ils ne se félicitent de pouvoir améliorer le sort de leurs concitoyens, jamais ils ne confirment qu’ils tiendront les promesses qu’ils ont annoncées pour se faire élire.
De plus, ceux que nous élisons ne sont pas les plus pertinents, ni même les plus compétents, mais ceux qui ont le plus de soutiens financiers. Cela fonctionne comme la publicité: le marketing efficace fait vendre n’importe quel produit, mais pas forcement - ou plutôt, surtout pas - le meilleur. Il suffit d’adhérer à un parti qui a été créé un jour - lointain et dont on ne se rappelle même plus les raisons - , de se faire mousser devant ce mouvement (il y a diverses stratégies qui vont du charisme à l’inaction) pour être reconnu et poussé par la majorité des adeptes, et contributeurs. L’objectif des adhérents est de miser sur le candidat le plus potentiellement éligible pour profiter ensuite des avantages d’être parmi les partisans de l’élu. Le but du candidat est en fait de profiter des retombées fiscales de la nation, c’est à dire de se faire entretenir - grassement - par le peuple. Certes, il se peut que certains soient suffisamment intelligents pour réaliser que ces avantages doivent être pérennisés et que cela nécessite quelques aménagements dans la gestion du pays, mais en France le cas est rare, ce qui contribue à la déchéance lente du pays. Les conséquences de ce fonctionnement sont dramatiques, car elles impliquent un déficit chronique, une dette qui s’accumule, dont les intérêts viennent annuler les possibilités d’investissements productifs. Cela se traduit finalement par un appauvrissement - les déficits commerciaux chroniques et constants sur la durée grignotent petit à petit les richesses du pays - , et un lent recul dans les différents classement mondiaux.

La France ne s’en sortira pas sans faire une vraie révolution démocratique et bouleverser complètement ses habitudes: laxisme, populisme, corruption, timidité, reculades, bureaucratie, et j’en passe. Les programmes, quand ils existent, de nos candidats pour les élections de 2017 ne sont que des propositions de court terme, visant à corriger quelques points de gestion de l’état pour satisfaire des réclamations immédiates, mais point de vision à long terme, de projet d’orientation ambitieux, et surtout pas de propositions de réformes systémiques de l’état pour évoluer vers une véritable démocratie. Or, ce serait le premier aspect, sinon le seul urgent à considérer: interdire que la politique devienne un métier. Ne dit-on pas « gouverner, c’est prévoir » ?

Voici, par exemple, ce que pourrait être une démocratie, vue sous l’angle du fonctionnement des institutions:

Au niveau politique, ne pas confondre politique et administration.

La politique d’un pays pourrait très bien être dirigée par n’importe quel citoyen ayant proposé un programme pertinent, approuvé par le peuple au moment de son élection.
Par contre, l’administration, c’est à dire l’application du programme politique devrait être assurée par des professionnels de l’administration, (et non pas des professionnels de la politique, qui ne devraient pas exister). Il s’ensuit que pour s’engager en politique, il devrait être interdit d’être en même temps fonctionnaire. Cela impose, si un haut fonctionnaire veut faire de la politique, qu’il renonce préalablement (démission) à sa fonction publique, et qu'il s'engage à rester ensuite en dehors des affaires pour une durée d’un certain nombre d’années (à déterminer) après son éventuel mandat politique pour éviter les conflits d’intérêt (éviter de pouvoir faire profiter à un tiers de sa connaissance des affaires de l’état tant que ces affaires ne sont pas devenues caduques ou considérées comme telles). Cela impose aussi de restreindre le cumul de mandats dans le temps, par exemple, pas plus d'un mandat pour le Président de la République (supposé assez long pour que le programme puisse se concrétiser: 7 ou 8 ans), et éventuellement 2 pour les députés, si leurs mandats sont plus courts (4 à 5 ans), et ceci à vie. Il est aussi préférable que les mandatures du Président de la République et des députés soient de durées distinctes et que leurs élections ne puisent jamais être simultanées (6 mois de décalage par exemple quand elles interviennent la même année) pour maintenir une indépendance de fonctionnement entre l’exécutif et le législatif (de ce point de vue l'essence même de la constitution de la Ve République a été dévoyée par les modifications post De Gaulle).
Une deuxième condition pour une réelle démocratie, et de garantir des contre-pouvoirs. En ce sens, les missions et le fonctionnement du sénat devraient être redéfinis, pour devenir (ou redevenir ?) l’organe de contrôle du fonctionnement de l’assemblée nationale, et éviter, en particulier que les députés soient juges et parties pour leurs prérogatives. Il est, en autres, aberrant qu’ils fixent eux-mêmes leurs avantages (qui sont d’ailleurs devenus des privilèges). Un sénat véritablement utile pourrait être réaménagé selon les modalités suivante:
Une refonte au profit d'une assemblée populaire contradictoire constituée de membres tirés au sort parmi l’ensemble des citoyens français, et dont la mission serait, entre autres, de surveiller le fonctionnement et de contrôler les résultats des travaux de l’Assemblée Nationale garantissant ainsi une véritable approche démocratique (voir ci-dessous une proposition de constitution et de fonctionnement de cette assemblée). La représentation territoriale y serait aussi assurée grâce à la diversité de l’origine géographique de ses membres.
Cette réorganisation territoriale mettrait au chômage tous les fonctionnaires administratifs liés aux élus remerciés, avec des indemnités de chômage, qui, même équivalentes à leurs salaires actuels, finiraient par disparaître, au fur et à mesure de leurs départs en retraite. En fait, il faudrait même diminuer quelque peu ces indemnités pour inciter ces chômeurs à se reconvertir dans le privé, et ainsi accélérer la diminution de leur poids sur les finances publiques. Resteront les retraites que les Français devront financer jusqu’au bout.

Comment créer et faire fonctionner une assemblée populaire contradictoire:

Définition de cette assemblée:
- De 300 à 500 membres.
- Mandat de 1 an non renouvelable à vie.
- Travail à plein temps (5/7, 35h), avec les règles d'assiduité habituelles dans les organisations opérationnelles.
- Rémunérations compatibles avec un train de vie d'aise, mais identiques pour tous.
- Charges sociales limitées aux cotisations de retraites (garantie en continuité de l'emploi précédent, pour chacun) et santé (SS et mutuelle).
- La totalité des frais de déplacements et séjours remboursés sur justificatif.
- Secrétaires pour x opérationnels (1 pour 10 par exemple).

Pour la constituer: tirer au sort les participants, parmi tous les citoyens de nationalité française, selon les mêmes critères que les jurys de justice. Introduire des règles pour éviter les problèmes posés par l'absence de personnel dans une organisation quelle qu'elle soit. Par exemple: pas plus d'une personne sur x dans les grandes entreprises (chaque grande entreprise pourrait d'ailleurs décider du nombre maximum tolérable d’absents durant une année), pas plus d'une personne dans les PME, pour l'artisanat, prévoir des solutions de compensation (embauche temporaire d'un remplaçant, ou autre solution...). Dans tous les cas garantir le retour à l'emploi aux mêmes postes et conditions (ou équivalents) qu'avant le mandat. Le tirage au sort devrait se faire par étape, pour qu'à chaque étape la liste des citoyens puisse être revue en fonction des critères ci-dessus (dès que le quota d'une organisation est atteint, on élimine de la liste l'ensemble du personnel restant). Ce tirage au sort devrait se faire avec 1 an d'avance pour permettre à chacun (tant du côté employeur que collaborateur) de prendre ses dispositions. Les membres seraient renouvelés par tiers tous les 4 mois pour assurer la continuité des actions.

Missions:
- Etablissement des rémunérations de tous les élus de la nation.
- Surveillance des budgets de l'état et des collectivités, en collaboration avec la cour des comptes.
- Lecture critique des projets de loi et surveillance de leur bonne mise en application (ce n'est pas la peine de voter des lois si les décrets d'application ne sortent jamais).
- Compilation des doléances des citoyens: chacun ayant le droit de s'exprimer, les sujets devraient être classés par thèmes, et faire l'objet d'une analyse pour en tirer le meilleur parti, soit vers des propositions de loi (information à l’assemblée nationale), soit pour le fonctionnement de l'état, soit pour une évolution de la constitution (informations au Président de la République).
- Une vraie démocratie ne pouvant se satisfaire que les élus, quels qu’ils soient (donc y compris le Président de la République) aient un rôle dans l’élaboration et la maintenance de la constitution (ils sont juges et partie), et comme pour leurs rémunérations, cette assemblée aurait aussi la fonction de constituante.
Pour ses travaux, cette assemblée pourrait faire appel à des experts, ou des commissions d'experts choisis pour une durée limitée, de façon à traiter les problèmes avec les compétences requises.

A cause du fonctionnement actuel, la France n’est qu’une parodie de démocratie.
Bien sur cela demande un peu de volontarisme et d'esprit de conviction. Faudra-t-il une Révolution pour que le pouvoir prenne conscience de l’absurdité de notre gouvernance et de la gabegie financière qui en découle ?
Aussi bien pour les députés que pour les sénateurs, leurs régimes spéciaux devraient être abolis pour rentrer dans le régime général: charges et avantages sociaux, retraites, chômage, etc… Mais leurs émoluments devraient être à la hauteur de leurs responsabilités et de leur engagement dans les affaires de l'état. Dans le même esprit, les assistants, collaborateurs, secrétaires, devraient être gérés par des DRH propres à chaque assemblée, pour des embauches concertées entre ces DRH et chaque représentant, mais gérées par les DRH.