Tous les moyens sont bons pour nous faire consommer: mode, publicité, obsolescence programmée (je reviendrai un peu plus bas sur cette notion) et lobbyisme envers les instances politiques, dans le seul but de nous faire dépenser de l’argent pour des produits dont les marges, souvent exorbitantes, vont enrichir les hommes de pouvoir. Nous travaillons, non pas pour vivre, comme ce serait logique, mais pour enrichir cette caste. Civilisation étonnante où chacun travaille pour gagner toujours plus d’argent pour acheter ou renouveler toujours plus de nouveaux produits pour finalement enrichir un nombre limité d’hommes de pouvoir.

Les ressorts du marketing, ou: les réflexions d'un publiphobe.

Quelles sont les stratégies marketing développées pour nous convaincre de consommer ? En voici quelques unes:
La mode. Pas besoin de faire un dessin, la mode évolue pour nous rendre ringards aux yeux des autres et à nos propres yeux. La mode s’appuie sur une activité humaine somme toute naturelle: celle de créer. Qu’il s’agisse de haute couture, ou de ce qu’on appelle le design (du moins pour la partie qui s’occupe de l'apparence extérieure d’un produit), ces activités rentrent dans le domaine de la création artistique. Les services marketing des fabricants utilisent le fruit du travail de ces artistes pour rendre les produits attrayants. La mode en met en avant l’originalité et la nouveauté. Et elle concerne tout le monde, mais aussi la plus tendre enfance: quoi de mieux pour enseigner l’habitude de la suivre que de conditionner ces petits cerveaux tous neufs ? La stratégie est de la faire évoluer le plus souvent possible.
La culpabilité. Vous avez surement vu, dans certaines publicité: « des millions de personnes utilisent tel produit ou tel service", sous-entendu pourquoi pas vous ?
Les attrape-nigauds. On vous créé des fêtes (après les mères, les pères, les grand-mères…, Halloween) , on vous créé des occasions (les soldes, « black friday »…) , qui ne sont, en réalité que de nouveaux prétextes pour nous faire dépenser. On vous créé des besoins, en vous matraquant de raisons que vous finissez par trouver pertinentes, tant tout le monde en parle: une des dernière trouvailles (à titre d'exemple), le bracelet connecté pour surveiller votre activité physique, votre sommeil; franchement, en avez-vous vraiment besoin pour être en bonne santé ?
L’obsolescence. D’une manière générale, c’est un cas particulier de la mode (appliquée essentiellement aux produits techniques et technologiques), quand on vous convainc que les fonctionnalisés de votre produit sont dépassées et qu’il est urgent d’en changer. Cependant l’obsolescence est liée au progrès, qui, lui est inéluctable. Il est donc inéluctable qu’un jour le produit ne soit plus compatible avec le niveau de service du moment. On en comprend bien le mécanisme dans les domaines des télécommunications et de l’informatique: la puissance de traitement des appareils ne cesse d’augmenter, et donc les logiciels en profitent pour élargir leurs fonctionnalités, ce qui rend les matériels progressivement obsolètes, et ainsi de suite. Le terme péjoratif « d’obsolescence programmée » s’applique donc surtout à la propension des fournisseurs à exagérer la rapidité d’évolution des produits.
L’usurpation. On demandait un jour à un polytechnicien si c'était le sucre ou la cuillère qui sucrait le café. Après un temps de réflexion il répondit: "la cuillère". Et à quoi sert le sucre ? "A savoir si on a remué assez longtemps". Eh bien, c'est pareil pour toutes les publicités pour le bien-être, pour faire maigrir, contre le cholestérol, etc... On vous dit "prenez tel médicament, tel produit, tel aliment, et mangez équilibré, faites du sport, bougez, etc...". Mais alors qu'est-ce qui est bénéfique, le produit ou la pratique salutaire ? En général vous achetez le produit, qui ne sert a rien: « l’eau si pure filtrée en traversant les roches de nos montagnes » n’ a jamais fait maigrir personne !.
Le mensonge. Principalement dans les produits d'entretien, on vous vente des avantages qu'il est impossible de vérifier: tel produit détruit 99% des bactéries, d'abord c'est faux, et de toute façon vous n'avez aucun moyen de le vérifier (à moins d'être biochimiste et de disposer d'un laboratoire). Tel produit et indispensable pour nettoyer les parties non visibles, ou non accessibles de votre équipement, et qui sont donc réputées être encrassées (le lave-linge, le lave-vaisselle, vos tuyaux d'évacuation, etc...). Mais alors, votre lessive lave votre vaisselle, votre linge, mais s'interdit de laver l'équipement ? C'est véritablement magique !
Les faux avantages. La technique consiste à vous vendre le « même produit plus concentré » (??) dans un conditionnement réduit, mais au même prix, voire plus cher, puis au bout de quelques mois de vous proposer de nouveau le grand format pour un prix pas tout à fait proportionnel (donc soit disant moins cher au litre), mais où on évite de vous informer sur sa concentration. Les prix augmentent ainsi sans que ni vous ni les études statistiques ne s’en aperçoivent.
La spécialisation. Domaines de prédilection de cette pratique: les soins du corps et les produits d’entretien. Des produits sont proposés pour chaque usage précis (ex: les cheveux, bruns, blonds, secs, gras, pour adultes, pour enfants…, et toutes les combinaisons de ces aspects). Dans les produits d’entretien, c’est encore pire, parce qu’on vous propose toute une panoplie de produits spécialisés, puis le produit universel qui les remplace tous, puis quand même un nouveau foisonnement parce que le produit universel ne convient pas à tel ou tel cas, et ainsi de suite.
L’enfumage. N’avez-vous pas remarqué qu’on vous vante de plus en plus les « réductions » et pas les prix ? « faites des économies » vous dit-on. Mais sans cet appel, vous n’auriez pas acheté. Où est donc l’économie ? Et vous, naïfs, qui croyez-vous qui paye la « réduction », sinon vous, le consommateur ? Les réductions sont la plupart du temps un leurre, puisque malgré ces réductions, les vendeurs encaissent leurs marge. Seuls les prix en valeur absolue, et leurs comparaisons entre concurrents ont un sens (à condition encore de vérifier que les contenus sont bien identiques en terme de service, de garantie, etc…). Quand une grande surface vous fait des rabais sur des produits, forcément vous le payez sur d’autres produits, étant entendu que la marge globale du vendeur est bien maintenue. Une ristourne est toujours payée par le consommateur sur d’autres produits, même dans le cas des soldes où le vendeur accepte de réduire sa marge pour écouler ses stocks, mais il en aura tenu compte pour établir sa marge habituelle.

Théorie du complot

D'aucuns parlent de complot de la part d'association(s) ou de groupes de quidam qui se seraient ligués contre le peuple, dont le seul but serait de dominer le monde (groupe « Bilderberg », forum de Davos, et d’autres…).
Non, il n’y a pas de complot, parce qu’il n’y a pas besoin de complot pour asservir les populations. Son contrôle par la finance et les multinationales vient simplement de la propension, naturelle, de leurs dirigeants à élargir leur influence, leurs pouvoirs et leurs richesses. Ce n’est pas un complot parce qu’il s’agit, en fait, de la satisfaction d’un besoin humain de la part d’hommes férus de pouvoir: en avoir toujours plus. Toujours plus de pouvoir et toujours plus de richesses. Il n’y a pas de complot au sens où une organisation plus ou moins permanente et plus ou moins secrète fomenterait des actions pour asservir les populations de la planète, par contre des organisations financières ou industrielles, ou industrio-financières sont naturellement d’accord pour agir de connivence au coup par coup en fonction de la conjoncture afin de promouvoir toute nouvelle idée apte à élargir leur champ de pouvoir. Et les exemples ne manquent pas de mainmise sur nos gouvernements. Les CETA et TTIP en sont des avatars récents, mais les instances bureaucratiques européennes, non élues, font déjà un bon travail de sape en faveur des lobbies qui les côtoient quotidiennement. Et notre classe politique nationale et européenne n’est pas en reste pour satisfaire ces lobbies, puisque cela satisfait aussi sa soif de pouvoir, même si ça ne va pas toujours jusqu’à de la corruption.
Selon les termes du gestionnaire de portefeuille Tim Price, basé à Londres, « Tout notre système financier contrôlé par les banques centrales est basé sur le fait que des bureaucrates non élus et qui n’ont pas à rendre compte de leurs actes peuvent contrôler le comportement de consommation et de production des individus depuis leur tour d’ivoire. »
Pourquoi l'enrichissement des banques (voir les bénéfices de JP Morgan en 2015, par exemple) ? A quoi servent les organismes financiers toujours plus importants, leur soif de main-mise sur de plus en plus de sociétés, de producteurs, sinon pour contrôler de plus en plus nos vies ? En fait ce sont des équipes de plus en plus réduites qui brassent de plus en plus de capitaux, capitaux réinvestis soit dans des sociétés industrielles prometteuses à court terme (de la part des fonds de pension et des banques), soit dans de la recherche en vue de devenir leaders et incontournables dans les technologies en devenir (Google, Apple, Tesla...). Pourquoi vous lamentez-vous sur les riches alors que vous vous endettez pour leur payer des intérêts, et que vous achetez leurs produits débiles pour leur faire empocher les marges ?
Tous ces organismes, entreprises, banques, fonds, ont besoin des populations comme esclaves pour concevoir et fabriquer leurs produits et services. Ils ont besoin des populations comme consommateurs pour acheter leurs produits et en encaisser les bénéfices. Sauf exceptions, aucun souci de bien-être des individus n’entre en compte dans ce business.