Peu de voix s’élèvent contre cette politique. Néanmoins, je relève trois réactions ce matin dans la presse:

- Celle du franc-tunisien Rachid Barnard dans AgoraVox, « Et ça recommence »

- Celle de Jacques Follorou dans Le Monde, « Les failles de la lutte antiterroriste »

- Enfin celle de la CGT, rapportée par Le Figaro Economie, « Attentats: la CGT ne veut pas que François Hollande fasse la guerre à Daech] »

Nos actions militaristes ne peuvent que renforcer le terrorisme à notre encontre par l’exaspération qu’elles engendrent chez les populations visées sur des territoires où nous n’avons rien à faire. La légitime défense, à l’encontre d’un peuple n’existe que s’il est clairement identifié, déclaré ennemi et l’objet d’une déclaration de guerre. Il existe une instance mondiale qui peut décider d'intervenir quelque part: c'est l'ONU. En agissant en franc-tireur par rapport à cette institution, la France se met hors-la-loi quels que soient les prétextes qu'elle invoque !
Or l’ennemi supposé ici est en fait créé par nous: d’une part suite aux actions de guerres menées depuis des dizaines d’années contre les pays arabo-musulmans à l’initiative des USA et de la Grand-Bretagne, d’autre part suite à notre ingérence en Syrie, sous prétexte d’aider sa population à construire une démocratie, mais de quel droit ? Pourquoi ne sommes-nous pas intervenu au Chili quand Pinochet sévissait ?, Pourquoi ne sommes-nous pas intervenu en Birmanie pendant les dictatures des généraux ?
La seule solution contre le terrorisme serait de se retirer des pays où nous n’avons rien à faire et de se battre par la voie diplomatique.
Ce qui se passe en France en ce moment est une escalade vers une restriction des libertés individuelles dont les générations futures, si ce n’est pas déjà la notre, auront à souffrir. Un gouvernement qui met en place des dispositions restrictives de liberté en profitant d’un consensus issu de l’émotion prouve tout simplement son incompétence.