Le prélèvement à la source correspond automatiquement à une complexification de la procédure s’il est fait sans réforme du calcul l’imposition. En effet, sans reformer le système fiscal, vouloir prélever à la source, c’est à dire sur les individus un impôt qui est calculé sur les ménages ne peut être fait qu’au travers d’une complexification accrue du processus de recouvrement. Les services de l’impôt vont devoir calculer, pour la transmettre aux employeurs, la cote-part à retenir à la source pour chaque employé, moyennant l’application d’une règle arbitraire de calcul de répartition entre les différentes sources de revenu d’un foyer. De plus vous chargez l’entreprise d’un travail qu’elle n’avait pas à faire jusqu’alors: application d’un prélèvement individualisé (donc par définition impossible à automatiser) puis paiement à l’état d’un nouveau tribu correspondant aux prélèvements.
Il faut aussi se convaincre que l’uberisation de la société est inéluctable et qu’elle remettra de toute façon en cause le principe de l’impôt sur les revenus, ou du moins sur les salaires...
Enfin, il est inconséquent de faire croire à certains citoyens qu’ils ne sont en rien redevables à l’état. Non seulement la suppression de la première tranche est une erreur, mais tout le monde devrait payer un impôt, ne serait-ce qu’un Euro.

Sécurité Sociale. Même si la rétribution des médecins directement par la SS peut être une bonne chose, voire aller dans le sens de la simplification, il n’en reste pas moins que, pour arriver à faire des économies, cela suppose la satisfaction de deux conditions. D’abord s’assurer que le système n’entraine pas un surcroit de travail de la part des praticiens, ce qui ne semble pas être le cas actuellement au vu des réactions de ceux qui l’appliquent déjà. Ensuite arrêter de déresponsabiliser les patients en leur communicant obligatoirement le montant complet de chaque intervention: actuellement, pour connaitre le coût d’une intervention en hôpital, il faut au minimum 1 an pour le voir apparaitre sur son compte AMELI, et encore faut-il vouloir consulter son compte, ce qui n’est nullement obligatoire, et que peu de gens font.

Diminution des dotations de l’état aux communes. Si dans le principe la décision est bonne pour responsabiliser les administrateurs des communes, et en particulier les inciter à se regrouper pour optimiser leurs moyens, il n’en reste pas moins qu’aucune diminution correspondante des prélèvements pour le budget de l’état n’est promise en contrepartie. D’où une augmentation inéluctable de la pression fiscale puisqu’aucune commune ne diminuera ses impôt locaux. Au mieux certaines feront les économies correspondant au montant de la dotation perdue, au pire les autres augmentent leurs impôts locaux. Un état responsable, ou simplement compétent, aurait du, soit diminuer ses prélèvements directs d’un montant équivalent à la diminution des dotations, soit rembourser sa dette de ce même montant. Eh bien non, l’état ne sait pas faire des économies…

Pour simplifier le fonctionnement de l’état et faire des économies, il n’y pas d’autre solution que de diminuer le nombre de fonctionnaires et le nombre d’élus: moins de fonctionnaires obligerait à simplifier les procédures, et moins d’élus engendrerait moins de velléité à légiférer à tout bout de champ.