On confond tout: capitalisme, libéralisme et finance, ce qui fait dire n’importe quoi.
D’après l’Académie française, « le capitalisme est entièrement défini par la propriété privée des moyens de production », et en particulier, la recherche du profit monétaire et l'accumulation de capital ne sont que des options offertes au libre choix des propriétaires de capital, et ne constituent pas des caractéristiques du régime capitaliste lui-même (Wikipédia). Mais c’est ce qui se pratique !
Sous le vocable de libéralisme, nous parlons ici du libéralisme économique, école de pensée, qui estime que les libertés économiques (libre-échange, liberté d'entreprendre, libre choix de consommation, de travail, etc.) sont nécessaires en matière économique et que l’intervention de l’État doit y être aussi limitée que possible. Il prône en particulier l’économie de marché qui fonctionne selon la « loi de l’offre et de la demande » dissociant ainsi le prix de cession du prix de revient.
La finance est l’outil des deux précédents, qui leur met à disposition les capitaux, et surtout en tire profit en exploitant les moyens de production et de commerce.

Ainsi les populations qui ne détiennent pas le capital, c’est à dire la grande majorité, sont victimes des financiers, qui, eux, le détiennent et l’exploitent selon les règles du libéralisme dans le seul but de le faire fructifier et d’accroître leur puissance.
Les pays occidentaux, qui ont pris l’habitude de vivre dans un confort de plus en plus exigeant, engendrant et prônant une consommation effrénée, se sont progressivement endettés au delà de toute raison, en se mettant ainsi sous la coupe des financiers. Quand je dis au delà de toute raison, je veux dire que nous sommes arrivés à un point où les états ne sont plus capables de rembourser leurs dettes sans mettre à bas leur économie: ils sont entrés dans un cercle vicieux qui veut que la dette ne puisse plus être remboursée que par de la dette de plus en plus chère (conformément à l’économie de marché), les ressources fiscales étant, elles, de plus en plus limitées, dans la mesure où la pression fiscale en augmentation diminue notre compétitivité et détruit notre tissu industriel. Donc, ne rêvez pas, nous ne rembourserons jamais la dette sur les bases actuelles.

Je prétends que, dans ce contexte, les pays européens sont les victimes des Etats-Unis, pour deux raisons: d’abord la finance est détenue par les organismes américains (Moody’s, Fitch et autres S&P…), et ensuite parce que l’Europe est incapable d’être solidaire. Le jeu actuel des financiers américains est bien entendu de tout faire pour maintenir cette désunion. Ce sont les agences de notation américaines qui notent les états et les banques européennes, et ce sont les mêmes qui prêtent, cherchez l’erreur ! La suprématie financière, et politique, des Etats-Unis ne tient que tant que l’Europe ne se comporte pas comme un Etat à part entière.

Que nous reste-t-il comme solution ? une seule: rembourser la dette. Et nous devrions le faire d’urgence pendant que notre patrimoine nous le permet encore. Certes ce sera dur, mais après ce sacrifice (les économies des français, enfin de tous ceux qui en ont), notre indépendance serait totale: foin des agences de notation, un budget de l’état excédentaire (quelques 150 milliards par an), et de quoi financer le redémarrage de notre industrie… Bien sûr, cela fait mal au coeur de donner autant d’argent aux banques, mais nous les avons sollicitées pour nous endetter, n’est-ce pas ? Et puis, proposer une action d’une telle envergure nous permettrait certainement de renégocier les taux d’intérêt, voire d’imposer l’annulation des intérêts.

Si les français, en particulier (parce qu’il serait préférable que ce soit l’Europe solidaire), ne veulent pas l’admettre, leurs conditions de vie continueront à se dégrader jusqu’à ce que le pays devienne sous-développé.