J’entendais hier un commentateur de la télévision dire: « l’espérance de vie des hommes est en augmentation, et c’est une bonne nouvelle… ». Mais en quoi est-une bonne nouvelle ? Toujours la pensée unique, à force de nous répéter que quelque chose est bien, chacun y adhère sans se poser de question. Or, comme on doit bien mourir un jour, en quoi la prolongation de la durée de vie est-elle un plus ?
Certes quelqu’un de bien portant souhaitera continuer à vivre, et d’ailleurs ne se posera pas vraiment de question sur ce sujet.
En fait, comprenez que si l’on parle d’augmentation de l’espérance de vie, ce n’est que très peu, voire pas du tout, par une augmentation de la durée maximum de la vie, mais bien parce que des personnes de plus en plus nombreuses voient leur vie se prolonger vers ce maximum. De tout temps, du moins à en croire les témoignages historiques, des personnes ont eu des vies largement plus que centenaires.

Pour revenir au sujet du billet qui est l’euthanasie, qu’en est-il des malades, et surtout de ceux qui souffrent ou qui ne sont plus capables de réfléchir et décider ?
Pour les premiers, n’est-t-il pas normal qu’une décision soit prise en toute intimité entre le patient et son médecin pour décider, en connaissance de cause, d’une suite à donner. Je ne fais que poser la question. Et raisonnablement, quelle est la valeur ajoutée d’une analyse collégiale, même si je ne suis pas contre le principe, sans la participation du principal intéressé qui est le patient et sa volonté ?
Pour les seconds, ceux qui ne sont plus capables de réfléchir et décider, en particulier la maladie d’Alzheimer, mais sans doute aussi d’autres pathologies, à partir d’un certain niveau de dégradation, que les médecins sont sans doute à même d'apprécier, le maintien en vie est-t-il pertinent, sur le plan humain, j’entends ? Là aussi ce n’est qu’une question…
En ce qui me concerne, je ne crains pas la mort, par contre la souffrance me fait peur, et je crois fermement qu’au delà d’un certain seuil, je préfèrerai la mort. De même si je ne suis plus capable de satisfaire ma curiosité, soit parce que ma mémoire me fera défaut, soit parce que mon raisonnement sera déficient.

Enfin, quand une civilisation accepte de faire mourir des gens qui ne partagent pas les mêmes idées, je veux parler de toutes les guerres - et ne me dites pas que c’est légitime quand on se défend, car je parle alors des offenseurs (la seule cause qui me parait juste est le recouvrement de la liberté) -, je ne comprends pas pourquoi on fait une telle histoire pour quelques cas d’euthanasie dont il est fort probable que la décision a été prise en son âme et conscience par le praticien. Et pourquoi certains pays l’acceptent-ils ?