Grâce à mon passeport français, j’ai pu y pénétrer sans faire la queue, encore qu’elle ne soit pas parmi les plus longues, contrairement à ce que semblent affirmer les annonces médiatiques. Mais alors, une fois à l’intérieur, quelle déception !
Certes une belle cours intérieure agrémentée d’une végétation verticale assez jolie et qu’on a vu sur tous les médias, mais une estrade, qui tient une bonne partie de l’espace central, est manifestement montée comme sur une foire où l’on sent le provisoire avec des câbles qui trainent un peu partout, et une chanteuse seule, nord-africaine (je n’ai rien contre les Nord-Africains, alors était-ce pour affirmer la volonté multiculturelle de la France ?) et aucun public.
On monte immédiatement par l’escalier roulant jusqu’à la partie supérieure de la structure, pour redescendre par un plan incliné le long duquel sont présentés divers sujets: des extraits de films surannés projetés sur la paroi: pourquoi présenter des films en noir et blanc d’autrefois, alors que le cinéma français tient parfaitement sa place au niveau international ?
Des fenêtres donnant sur la cuisine des frères Pourcel et par lesquelles on peut voir des cuisiniers s’affairer à la préparation de plats, sans doute destinés aux VIP ?
Une vitrine où des robots NAO font plus penser à des automates qu’à des humanoïdes technologiques, sans explications ni de leurs capacités ni de leur destination (pourquoi ne présente-t-on pas le magnifique film du ballet des robots ?http://www.youtube.com/watch?v=uIuRc1r_N34), et d’ailleurs au moins un qui est manifestement cassé, et prouve l’absence d’entretien.
Cinq oeuvres du Musée d’Orsay, sans doute la partie la plus intéressante du pavillon.
Quelques présentations d’entreprises, très discrètes du reste, dont Michelin et son Bibendum, et puis c’est tout... Sur le thème « La Ville Sensuelle » du pavillon, très peu de choses: ça se limite à des dessins, ou plutôt des esquisses représentant des « vues sur la ville », et l’ensemble de murs végétaux mentionné plus haut. Nous sommes pourtant la patrie de Le Corbusier !
D’accueil français, point du tout, seulement les petites chinoises bien timides (mais charmantes) habillées en Bleu Blanc Rouge avec le nom « Léon » inscrit sur leur poitrine. Léon et un chaton, mascotte du pavillon (je l’ai appris après coup en cherchant sur la toile).
Même le pavillon luxembourgeois, presque sans contenu, était plus accueillant avec ses splendides parterres de fleurs.

Un autre aspect de la France est représenté dans les pavillons régionaux: l’Alsace, Rhône-Alpes et Ile de France. Ils sont presque aussi vides de contenu que le pavillon français, mais le plus gros reproche que j’y fait est qu’on n’y trouve aucune mention de la France, et aucune relation n’existe entre ces pavillons et entre eux- même et le pavillon français. Cela illustre bien le tempérament français: individualisme, incapacité à porter un projet national, à fédérer autour d’un projet commun.

J’ai eu la chance de pouvoir visiter le pavillon chinois (ce qui n’est permis qu’à un tiers des visiteurs de l’Expo), évidemment le plus grand et le plus beau - nous étions en Chine ! C’est un modèle de projet construit, cohérent, fédérateur.
A partir de vues urbaines du passé, la présentation se projète dans l’avenir, avec une volonté certaine de réalisme (il n’est qu’à voir la ville de Shanghai pour comprendre que les préceptes exposés sont déjà appliqués) et la prise en compte de tous les aspects: convivialité, bien-être, confort, espace verts, pollution, énergie, transports, communications...
Un très grand nombre de dessins d’enfants de tous âges illustrent cette approche.
Un autre pavillon, le « Pavillon du futur » analyse en détail la conception des villes futures (objectif 2045) en partant des études occidentales, entre autres françaises: Fournier et Le Corbusier... et en se projetant sur l’avenir. Dans ce pavillon, aussi, une présentation de 4 projets de villes vertes étrangères à l’horizon 2045: Friburg (Allemagne), Sidney (Australie), Dar Es Salam (Tanzanie) et une ville des Etats-Unis, mais de projet français, point !
Ne croyez pas que ces approches soient de la propagande de la part des Chinois. Dans Shanghai et Su-Zou (la « Venise chinoise » que nous avons visitée), déjà au moins 80% des deux-roues motorisés sont électriques (finie l’image d’une Chine à vélo), en attendant que ce soit pareil avec la voiture électrique dans un horizon proche.
Championne de la pollution, ne doutez pas que la Chine nous donnera rapidement des leçons d’écologie !