Franck Fennec est un scientifique australien, né en 1914, spécialiste du domaine de la virologie. Il a été professeur de microbiologie au Centre de Recherches Médicales John Curtin à Canberra, et y reste Professeur émérite. Il est membre de l’Académie australienne des Sciences et de la « Royal Society ». Je ne le cite pas pour étayer mes thèses grâce à la notoriété d’un scientifique éminent, mais parce qu’il est le catalyseur de mon billet d’aujourd’hui.
A tous ceux qui pensent que la particularité de l’homme (par rapport au monde animal, en particulier) est de savoir s’adapter, que ces élucubrations sont défaitistes et sans fondement, je dirai qu’il n’est pas besoin de l’opinion de grands scientifiques pour observer le monde actuel et qu’un peu de réflexion et d’esprit critique (ce qui manque de plus en plus à nos contemporains, victimes de la « pensée unique ») permet fort bien d’imaginer ce que sera le monde de demain.

Bon, il est vrai que je ne serais pas aussi catégorique que Franck Fennec quand à l’échéance de la disparition de l’humanité, mais on en est pas à 1 siècle près sur une fatalité aussi préoccupante. Je le rejoins cependant sur le fait qu’il est déjà probablement trop tard pour revenir en arrière, et finalement mon billet a moins comme objectif de réveiller les consciences que de décrire une fatalité - les carottes sont cuites, comme on dit !

En effet, quand je parle de surpopulation, je ne parle pas uniquement de l’humanité, mais aussi de son environnement, et de son influence sur cet environnement, à cause de notre mode de vie: le consumérisme, et le respect des animaux (encore un sujet particulièrement tabou). Je ne suis pas sûr non plus, que le réchauffement climatique sera le seul déclencheur; la part qui en est due à l’homme n’est peut-être pas prépondérante comme je l’ai déjà exprimé par ailleurs.

Je m’explique: nous allons être 7 milliard d’individus sur notre planète dans peu de temps (2011 peut-être). Sur ces 7 milliards, au moins 5 ont atteint ou aspirent à atteindre le niveau de vie des occidentaux (les plus grands gaspilleurs). Il en résulte deux conséquences: ce que ça induit comme surpopulation animale et la place laissée pour le reste du monde vivant.
Pourquoi surpopulation animale ? D’abord parce que l’augmentation du niveau de vie oriente les populations vers des régimes alimentaires plus carnés, augmentant corrélativement la population d’animaux de ferme (on l'estime à près de 4 milliards de bovins, ovins, porcs et 15 milliards de poulets), et chacun sait que le rendement énergétique global de la viande est bien inférieur à celui des végétaux (voir le site http://www.neotrouve.com/?p=21). Là aussi, il n’est pas nécessaire d’être un savant pour comprendre cette affirmation: nourrir du bétail constitue une opération supplémentaire par rapport à l’absorption directe par l’homme, avec un rendement qui ne peut pas être de 1 (loin s’en faut: 1 kilo de viande nécessite 3 à 5 kilos de végétaux). Il en résulte non seulement un gaspillage, mais aussi une importante pollution.
Mais un autre problème dépend de notre mode de vie, il s’agit des animaux de compagnie. Combien sont-ils dans le monde (environ 50% de la population dans les pays occidentaux) ? sans compter les organisations de défense des animaux, dont il résulte une multitude de centres d’hébergement. Ce sont autant de bouche à nourrir, certes plus petites que les nôtres, mais bien réelles tout de même, et cela sans parler du gaspillage issu de l’énorme marché des soins aux animaux.

Notre société, qui est basée sur la consommation (la surconsommation), qui ne voit d’avenir qu’en terme de croissance, pour satisfaire, entre autres, l’objectif de niveau de vie des pays en voie de développement est entrée, depuis au moins 1 siècle dans un cercle vicieux, où plus de consommation appelle plus de consommation. La planète ne pourra pas assumer cette croissance (même à population constante): non seulement les ressources naturelles, non renouvelables (toutes les ressources minérales), s’épuisent, mais les espaces dédiés traditionnellement aux ressources renouvelables (les cultures agricoles) diminuent et les nouveaux empiètent sur les zones de diversité écologiques, avec la double conséquence de réduire les espaces vierges et de provoquer à terme un épuisement irréversible des sols. La Chine dont les terres cultivables s’épuisent au profit du désert, loue de plus en plus de terres à l’extérieur de son territoire et va les épuiser de la même manière: la bio-diversité, ainsi que la ressource en eau des nappes phréatiques, qui garantiraient la pérennité des territoires couverts de végétation sont d’ores et déjà compromis.
Nous vivons dans une civilisation du court-terme, incapables ne serait-ce que de concevoir les conséquences de nos actions sur le long terme, d’ailleurs tout le monde se fiche de ce long terme en réalité. Il est clair que les principaux pays en voie de développement (Chine, Inde et Brésil), qui représentent la moitié de l’humanité ne vont pas s’arrêter dans la marche de leur émancipation. Il en résultera un appauvrissement des terres agricoles du monde entier, une exploitation effrénée des sols potentiellement cultivables, et donc une disparition progressive de la biodiversité, malgré toutes les réglementations compensatoires qui pourraient être décidées.

Connaissez-vous le film « Soleil Vert » de Richard Fleischer, où toutes les terres ne sont plus qu’un immense désert, seuls quelques emplacement protégés sous une bulle maintiennent en vie quelques espèces végétales pour la curiosité des hommes, qui sont en fait nourris grâce à des pilules dont il s’avère que l’homme lui-même en constitue la matière première ? Eh bien, je crois que ce film est prémonitoire !

Depuis le début de l’ère industrielle, nous vivons une accélération du mouvement consumériste dont la force d’inertie fait qu’il est trop tard pour agir, même si une prise de conscience immédiate se généralisait, et si les pays en voie de développement stoppaient brutalement leur évolution, mais de quel droit pourrions-nous le leur imposer ?

Dans ce contexte l’homme est trop fragile pour survivre, il ne s’adaptera pas aux conditions environnementales d’alors. Il est vrai qu’il s’est toujours adapté à des conditions extrêmes (très grand froid de l’Arctique ou forte chaleurs des régions tropicales), mais cela a toujours été grâce à des fluctuations climatiques qui lui garantissaient in fine l’accès à la nourriture. Il en va tout autrement dans le scénario décrit ci-dessus.

Cependant la vie ne disparaitra pas pour autant de la surface de la terre car paradoxalement, certaines espèces du monde vivant sont plus aptes à s’y maintenir. Grâce à leur multitude et leur diversité, beaucoup subiront des mutations et évolueront selon un processus darwinien.

Pour approfondir vos connaissances sur ces notions de surpopulation, voir dans "la Revue des Ressources", cet article