Cela ne démontre qu’une chose, c’est que nos politiques ne savent pas se projeter dans l’avenir, ce qui pourtant devrait être leur principale compétence. De réflexions sans analyse - ils n’y comprennent rien - en commissions d’études dont les représentants sont ou partiaux ou incompétents, ils nous pondent des propositions de loi qui n’ont aucune chance de pouvoir être appliquées un jour. Elle sont dictées soit par la peur de l’avenir - paranoïa de l’intox et du Big Brother - , soit par des lobbies mercantiles incapables eux-mêmes d’innovations pour exploiter au mieux les progrès de la technologie.

Hadopi ne reflète-t-elle pas la nullité des artistes fabriqués de toute pièce par des « Star-Ac’ » à coup de matraquage publicitaire, pour le seul bénéfice de producteurs, qui ne savent plus découvrir les vrais talents ? Cette loi ne reflète-t-elle pas l’incapacité des Sociétés de production à s’adapter, ou mieux, à anticiper les progrès technologiques ? Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que le téléchargement d’oeuvres artistiques est inéluctable, les individus étant de plus en plus informatisés, les supports mobiles de l’information de plus en plus miniaturisés, et les sujets d’intérêts de plus en plus évolutifs. Et puis, comment oser un jour interdire l’accès à internet alors que les transactions entre les administrations et les individus (entre autres) deviennent de plus en plus incontournables par ce biais ?

La proposition de nationalisation d’internet (proposition Myard) ne reflète-t-elle pas une insigne ignorance de la technologie et du fonctionnement de l’internet ? Les attendus de cette proposition sont bourrés de non-sens, et sans doute dictés surtout par la rumeur des ignorants, dépassés par les nouvelles technologies. Beau modèle que celui de la Chine, pour justifier une telle proposition. C’est sans compter sur l’intelligence humaine qui réussira toujours à détourner les lois liberticides...
Où est notre démocratie ? Il est illusoire de croire qu’une administration pourra contrôler tous les contenus qui se propagent sur la toile. Et d’ailleurs à quoi bon, la quantité phénoménale de ces contenus étant en soi une garantie de diversité et un frein automatique à l’expansionnisme de quelque idée subversive que ce soit ? Le temps n’est plus où les canaux de distribution de l’information pouvaient être contrôlés par seulement quelques uns.

Au contraire, encourager l’expression et la recherche d’information sur internet est la meilleure garantie que cette information soit contradictoire, et apte à ouvrir l’esprit des utilisateurs: quand on s’informe sur la toile, on a autant de chance de trouver des « pro » que des « contre » sur n’importe quel sujet. Ici encore, l'éducation est plus productive que la répression !

Ceux qui veulent brider l’outil au nom de la démocratie ne sont-ils pas justement ceux qui craignent de perdre leurs prérogatives antidémocratique ?