L’enseignement: le corps des intouchables. A contre courant de ce qui semble être le "bien-penser" des intellectuels (qui sont forcément de gauche, chacun sachant bien que la droite est composée de brutes !), je m’insurge contre cette tyrannie du corps enseignant français.

Je ne veux pas rentrer dans le détail de l’enseignement ou de la manière d’enseigner en France, je refuse d’entrer dans la polémique de la méthode (n’étant d’ailleurs pas compétent), mais, vu de l’extérieur, si la France prend du retard dans ce domaine, ne serait-ce pas en partie au moins de la faute des enseignants. J’en ai assez d’entendre que notre enseignement est le meilleur du monde (ce qui semble bien être infirmé par les différentes enquêtes internationales, aussi bien pour l’enseignement primaire-secondaire que supérieur), et de voir les enseignants se regarder le nombril ! Depuis des dizaines d’années, chaque proposition de réforme est contrecarrée et rien ne prouve que les gouvernements successifs n’ont pas essayé d’améliorer, ou du moins adapter l’enseignement à notre société moderne en toute bonne foi. Il n’y a qu’à naviguer sur internet pour être convaincu du délabrement de l’enseignement du français (comparez les sites québécois et français: honte à la France !), et on ne me fera pas croire que c’est le gouvernement qui en est la cause.
Que croyez-vous que pensent nos chefs d’entreprises quand ils sont confrontés à une telle carence chez leurs secrétaires et jeunes collaborateurs, ce qui, n’en doutez pas, nuit non seulement à l’image de marque, mais hélas aussi à la qualité des contrats par les non-sens que peut engendrer une mauvaise orthographe (Microsoft ne corrige ni la syntaxe ni le sens !).

Les enseignants ne devraient-ils pas d’abord faire leur autocritique, admettre qu’ils n’ont pas la Vérité infuse, et réaliser qu’ils sont complètement noyautés par leurs syndicats ? Ils se plaignent d’un manque de considération, mais que font-ils pour être considérés ? Ce ne sont pas les grèves à répétition, les manifestations de rue et la critique permanente qui va améliorer leur image de marque. La considération s’acquière, elle ne se décrète pas ! Et ils n’ont cessé de se discréditer depuis un demi-siècle ! Ne devraient-ils pas s’interroger sur les brebis galeuses qui sont au sein de leur corps et qui sèment la zizanie pour l’ensemble, au lieu de toujours prendre le gouvernement comme bouc-émissaire ?
Ne prennent-ils pas les parents en otage en montant en épingle le moindre problème de soi-disant sureffectif, problème totalement marginal en fait ? (je rappelle qu’à la rentrée 2008, il y avait pas loin de 900000 enseignants pour 12 millions d’élèves en primaire et secondaire, sans parler des 170000 auxiliaires - chiffres cités de mémoire).
La désobéissance civique, une honte et une lâcheté: quand on n'est plus d'accord avec son patron, on démissionne. C'est trop facile de désobéir et de garder tous les avantages de sa fonction. Que vaut alors la rébellion ? La désobéissance civique de José Bovet a une toute autre allure (même si je ne partage pas toujours ses idées), lui sait qu'il risque la prison et il l'assume !

Quelle personne possédant un minimum d’esprit critique peut croire qu’ils ne défendent pas d’abord leur petit bien-être de fonctionnaire, avant de s’intéresser à l’éducation des enfants. Je ne nie pas leur conscience professionnelle, mais je dis que pour un certain nombre leur souci passe d’abord par de l’égoïsme, quand ce n’est pas simplement de l’orgueil ou de la rancoeur. Ce qui est gênant dans cette attitude, c’est qu’ils entraînent ceux qui sont intègres, et pire, provoquent la récupération par la gauche qui n’attend que de tels prétextes pour faire monter la moutarde.

Et l’enseignement supérieur des universités n’est pas en reste: la fronde dès qu’on leur propose un système qui pourrait améliorer la qualité de l’enseignement et de la recherche en créant un peu d’émulation. Mais non ! surtout pas d’émulation, nos braves chercheurs seraient obligés de se fatiguer, de se dépasser, et ce n’est pas bon pour la recherche que d’être stressé ! n’en doutez pas, les vrais chercheurs ne craignent pas l’émulation, ils se battent plutôt pour des moyens matériels et on peut les comprendre, même si les finances publiques ne sont pas sans fond.
Dans le domaine de la recherche, je voudrais bien savoir combien font vraiment de la recherche: il est facile de définir des projets pour présenter une thèse de doctorat, mais s’interroge-t-on systématiquement et avec tout l’esprit crique nécessaire sur leur pertinence ? Certains chefs de projets n’acceptent-ils pas n’importe quel sujet pour leur permettre d’augmenter leur quota de réussite ? Combien de thèses tombent dans un oubli définitif aussitôt publiées ?
Dans ce sens, il serait bon que non seulement les chercheurs soient évalués par des pairs d’autres disciplines, mais, préalablement, toutes les propositions de sujets devraient obligatoirement subir le passage d’un tel filtre avant d’être acceptées comme dignes de doctorats.