Je regrette d’être à contre courant, mais les Français n’y ont rien compris.

Il faut bien s’attendre à une dégradation continue et inexorable du pouvoir d’achat des populations occidentales. Je parle évidemment de moyenne et non pas des plus hauts revenus. En effet, la richesse mondiale globale n’augmente pas au rythme du souhait des pays en cours de développement, et donc la croissance de ces pays se fait obligatoirement sur le dos des pays développés, c’est-à-dire principalement des pays occidentaux. Il se trouve que les pays en voie de développement sont constitués de peuples qui ont envie de travailler pour améliorer leur sort, alors que les pays développés ont tendance à se vautrer dans leur petit confort douillet.
Si on ne prend que l’exemple de la Chine, l’envie de travailler de la population permet de fabriquer des produits à bas coût qui sont vendus aux pays développés. Ceci entraîne une réduction des forces productives de ces pays par le jeux inexorable des dé-localisations: en effet quel industriel accepterait de continuer à fabriquer aux coûts des pays développés, au risque de ne plus écouler ses produits par manque de compétitivité ? Sans parler de besoin de s’enrichir, besoin inné de la nature humaine, c’est la pérennité du bien industriel qui est en jeu.

Je vois l’évolution suivante: un transfert progressif des richesses des pays occidentaux, essentiellement Etats-Unis et Europe, qui représentent moins d’un milliard d’habitants vers les pays en voie de développement, qui représentent au bas mot 3 milliards d’habitants, en comptant, par ordre de priorité des transferts, la Chine, le Brésil et l’Inde. De plus, ce transfert et l’enrichissement de ces derniers, se feront au détriment des autres pays actuellement sous-développé, grossièrement les pays d’Afrique et les pays musulmans non producteurs de pétrole, soit environ 2 milliards d’habitants à qui on continuera de pomper les richesses naturelles tant qu’il en existe. Dans ce paysage, l’Europe est plus vulnérable que les Etats-Unis, car elle doit déjà gérer les disparités entre ses pays de l’est et ses pays de l’ouest, où il faudra déjà partager selon un processus analogue au processus mondial ci-dessus.

Et la France est encore défavorisée davantage que ses voisins européens compte tenu de l’importance de sa population de fonctionnaires relativement aux forces productives de richesses, c’est à dire l’industrie et principalement l’industrie exportatrice. Dans ce contexte, il lui faudrait remplir deux conditions pour surmonter les difficultés liées à sa position dans le monde: se remettre à un travail productif (faire passer l’intérêt de la Nation avant les intérêts personnels en comprenant que chacun est responsable individuellement de la situation au lieu de chercher des boucs-émissaires) et développer des filières que les pays en voie de développement n’ont pas encore parfaitement maîtrisées, a priori de hautes technologie, ou tout autres créneaux originaux, mais, pour cela, d’abord cesser de croire que dans tous les domaines son système est le meilleur du monde (en particulier enseignement et recherche) !

Même le système de retraites par répartition, qui pourtant est peu sujet aux fluctuations de la finance internationale, est en danger à cause de la réduction des forces productives. Bref attendons-nous à l’inéluctabilité de la réduction progressive des nos revenus, que ce soient des salaires ou des retraites dans les années à venir, et ce ne sont pas les manifestations de rue qui changeront quoi que ce soit, ni d’ailleurs les gouvernements successifs, chaque individu est concerné.