Les banques ont joué doublement: d’abord en incitant obligeant leurs clients à s’endetter au delà de toute raison, ensuite en spéculant au travers de produits à très haut risque. Elles l’ont fait en toute connaissance de cause, sachant que les Etats ne pourraient pas faire autrement que de les soutenir au risque de voir l’ensemble des dépositaires récupérer leurs avoirs, et créer ainsi la mise en faillite de tous les établissements financiers, et donc de l’économie.

Et maintenant, en France, elles nous narguent: les directeurs généraux de la Société Générale et du Crédit Agricole ont dit non, selon le Journal du Dimanche, à la proposition de Nicolas Sarkozy de renoncer à leur bonus pour l'exercice 2008 en contrepartie du soutien financier que l'Etat a apporté aux banques.

Nous ne pouvons qu’être très pessimiste quant aux possibilité qu’a le pouvoir politique institutionnel pour assainir les marchés financiers, car il n’a en réalité aucune influence. Quelles que soient les propositions envisagées pour améliorer le fonctionnement du système financier mondial, ce sont les banques, les organismes financiers de toutes sorte et les possesseurs de capitaux qui décideront, et ceci d’autant plus facilement que les états se sont singulièrement endettés suite précisément à cette crise, les rendant ainsi complètement dépendants. Je prédis donc qu’il en sortira, en définitive, une main mise accrue et encore plus efficace de la finance sur l’ensemble des populations, avec à la clef, un creusement du fossé entre les nantis et tous les autres.

La résolution d’une telle crise ne peut se faire que par la révolution: le soulèvement des masses pour aller s’approprier les contenus des patrimoines là où ils se trouvent réellement, physiquement, et pas virtuellement au travers des organismes écrans. Ne nous faisons cependant pas d’illusion, l’Histoire nous montre que l’aboutissement d’une telle révolution consiste toujours en une nouvelle répartition entre riches et pauvres, sans que la masse des pauvres ait notablement changé ni en individus ni en quantité. Simplement, peut-être quelques richesse auront changé de main !