La folie d’un Hitler et de quelques supporters ne changeait rien au fond, et l’humanité eut été grandie de faire une place, partout dans le monde, y compris en Palestine, pour accueillir ces exclus par les antisémites ou survivants des camps d’extermination, les aider à remonter la pente et les intégrer.
Certes, depuis le début du siècle le courant sioniste revendiquant la « restitution » de la « Terre promise » existait, mais fallait-il pour autant que le communauté internationale satisfasse cette demande ?

Bien sûr on me dira qu'il est facile de juger a posteriori - encore que les révoltes des palestiniens dans les années 30 contre la venue de juifs sionistes sur leur territoire eut dû mettre la puce à l’oreille - mais mon propos n’est pas de contester la décision prise. En dehors du fait que le territoire attribué a été soustrait d’un territoire appartenant à une population en place, indépendamment de toute action coloniale extérieure, qui ne donnait pas cependant le droit au colon d’alors de partitionner le territoire, il eut été divinatoire de prévoir les conséquences à long terme. Donc mon propos est plutôt d’analyser les conséquences de la décision de l’ONU de 1947 (refusée d’ailleurs par tous les Arabes) et d’en dénoncer la gestion par la communauté internationale.

Cette erreur a été double: non seulement elle a spolié une population locale de façon totalement arbitraire, mais en plus elle a stigmatisé un communautarisme religieux, le judaïsme, en introduisant ou entérinant l’idée qu’il s’agit d’un peuple, d’une ethnie (une approche contraire aux Droits de l’Homme où aucune distinction ne peut être faite en particulier sur des critères religieux). La communauté internationale a ainsi créé un véritable ghetto juif dans un coin du monde, montrant par là autant de cynisme qu’un Hitler avec ses ghettos juifs locaux.
Il était patent qu’une telle distinction portait en elle les fruits d’une discrimination. Ensuite, et en conséquence directe de cette distinction, elle portait en elle potentiellement le conflit entre populations locales et envahisseurs, car même si la communauté internationale l’a décidé, il s’agit bien d’une annexion.
De plus, cette invasion, par une communauté partageant un idéal commun (qu’on ne vienne pas me rétorquer que cette population inclut des athées et des laïcs, je parle bien de la perception que le reste du monde, et en particulier les palestiniens, ont de cet Etat), d’un pays qui était plutôt pluriculturel, mais à majorité musulmane, devait exacerber l’extrémisme et faire surgir les intégrismes.

Or la communauté internationale, entraînée par le coup de force américano-soviétique pour faire accepter la résolution (les Français devraient s’en souvenir !), et au mépris des populations locales qui n’ont pas été consultées, n’avait pas prévu, ou pas voulu voir, l’expansionisme israélien, pourtant logiquement inscrit dans ce découpage parcellaire et inéquitable du territoire (il attribuait 14000 km2 à l’état juif, peuplé de 558000 juifs et 405000 arabes, 11500 km2 à l’état arabe, peuplé de 804000 arabes et 10000 juifs, et les lieux saints sous contrôle de l’ONU).
Depuis, Israël n’a cessé d’étendre son territoire. Dès 1948 l’issue de la première guerre locale aboutit à l’augmentation de 26% des territoires d’Israël et une réduction de 81% des territoires arabes, sans parler des populations déplacées et l’abandon par l’ONU du contrôle des lieux saints occupés par Israël et la Jordanie. En 1967, Israël annexe Jérusalem-Est et fait de Jérusalem sa capitale qui n’est reconnue par aucun pays du monde. A la suite de la guerre des 6 jours, la Cisjordanie est occupée, sauf quelques territoires, par Israël et le Golan a été annexé en 1981. Bref, la quasi totalité de la Palestine est maintenant aux mains d’Israël, au mépris total des populations locales et de la communauté internationale. Aujourd’hui, l’ensemble de la population d’Israël soutient la thèse sioniste en encourageant les actions militaires à l’encontre des populations palestiniennes, au détriment des Droits de l’Homme au prétexte que cette terre leur a été attribuée par leur Dieu, prétexte le plus fallacieux qu’on puisse invoquer au 21e siècle.

Je dénonce les actions actuelles assimilables à de l’apartheid, qui se font sous couvert d’une attribution parfaitement contestable de territoires en 1947, qu’Israël a exploitée pour spolier les populations locales, et qui justifie à ses yeux le droit d’exterminer des gens qui ne font que se révolter contre leurs spoliateurs, et ceci à raison de plusieurs dizaines de morts palestiniens pour un citoyen israélien.
Je hais la violence qu’elle émane de l’un ou l’autre camp, mais dans cette affaire, la responsabilité en revient bien aux sionistes et à la communauté internationale solidaire.