La crise financière actuelle met en lumière plusieurs déviances de notre système économique:

  • l’argent est devenu une fin en soi.
  • le consumérisme est synonyme de gaspillage.
  • l’égoïsme est le credo des nantis, pays ou individus.

L’argent qui ne devait être qu’un moyen d’échange, pour pallier aux inconvénient du troc, est devenu un outil de spéculation, dont les spécialistes de la finance se servent pour s’enrichir gratuitement sans donner une once de participation au bien des populations. Bien au contraire, leurs actions aboutissent inéluctablement à appauvrir les moins favorisés.
Bien sûr les tenants du capitalisme me diront que le capitalisme est nécessaire pour entreprendre, créer, et améliorer le niveau de vie des populations. Certes, mais sûrement pas la spéculation, dont se servent les financiers, quels qu’ils soient, banquiers, assureurs, courtiers et autres, pour jouer l’argent qui est mis à leur disposition, car il n’y a pas d’autre qualificatif pour caractériser la spéculation. Dites-moi quelle différence existe entre l’escroquerie de Madoff, et les « coups spéculatifs » d’un Kiervel ? Le capitalisme n’est pas plus le libéralisme qui laisse le marché se débrouiller, et qui en fait autorise les plus astucieux et les plus retors à exploiter les plus crédules ou les plus faibles. Je pense en particulier à l’intox des populations par la publicité, et à l’étranglement des producteurs par les centrales d’achats. Et ce ne sont que des exemples au niveau local, car le pillage des richesses des pays par les plus riches sans contrepartie équitable aux populations locales suit la même logique.
Non seulement les pays développés consomment au delà de leurs besoins en suivant l’évolution de l’offre, mais ils rejettent une bonne partie de ce qu’ils achètent, soit en pakaging inutile, soit parce qu’ils ne savent pas gérer leur consommation.

Les beaux discours de nos politiciens sur la nécessité de réformer le système financier mondial n’est que de la poudre aux yeux.
Qu’ont-ils mis en place ?
D’abord une aide aux banques exsangues, en nous faisant croire que c’était le seul moyen de débloquer du crédit à l’économie. En fait les milliards injectés auraient pu l’être plus efficacement et plus économiquement s’ils avaient abouti directement dans l’escarcelle de ceux qui en ont besoin. Bien sûr on me dira qu’il fallait bien un outil pour répartir cette manne à bon escient, et éviter les injustices ou le financement de canards boiteux. Mais pourquoi faire confiance à des organismes qui ont fait la preuve de leur incompétence ?
Pourquoi financer des banques qui ont prêté au delà de toute prudence, au lieu d'aider directement les créanciers abusés par leurs arnaques, et laisser ces banques gérer leurs problèmes. Pourquoi venir en aide à des organismes qui ont joué et qui ont perdu: ils ont pris des risques, ils le savaient, alors qu’ils assument.
Ah! mais ils ont joué avec l’argent de leurs clients, et il ne serait pas bon que ces clients soient spoliés ! Certes, mais dans ces clients, il y en a qui sont largement solvables, par les gains qu’ils ont engrangés précisément en jouant, alors pourquoi ne pas les mettre à contribution pour financer les plus petits clients ? Tout se passe comme si le système était à cliquet: on gagne, tant mieux, on perd, c’est la contribuable qui doit payer !
Bien sûr, on me rétorquera que ce n’est pas si simple, mais ce n’est pas si simple parce que les politiques ne veulent pas que ce soit si simple. Ce que veulent nos politiques, c’est d’être élus, puis d’assurer leurs arrières.

Bref, même en admettant que la seule solution soit celle que nos politiques on appliquée, pensez-vous qu’ils iront jusqu’à mettre en place les remèdes de fond ? Je vous laisse juger... et parier sur ce qu’ils feront.

Il me parait évident que pour éviter qu’une telle crise ne se reproduise, il faut interdire, pour la banque et la bourse, toutes les pratiques spéculatives, et elles sont nombreuses tellement nos financiers ont de l’imagination pour noyer le poisson: VAD, warrants, certificats, indexations de toutes sortes sur les évolutions futures, complètement aléatoires, et j’en passe tellement le système est opaque (même les financiers eux-mêmes n’arrivent pas à s’y reconnaître !) pour concentrer l’action des investisseurs sur le soutien aux entreprises, ce qui constitue déjà un pari bien suffisant, mais nécessaire au fonctionnement de l’économie, si on ne veut pas tomber dans les travers du communisme.
Il faudrait aussi que les paradis fiscaux ne le soient plus, et comment faire sinon les annexer et les contraindre au minimum à déclarer tous les mouvements de capitaux, et les taxer sur ces mouvements. Ce ne serait pas difficile si les pays les plus riches le décidaient, mais là encore, « ce n’est pas si simple », d’autant moins que ces pays en vivent de ces paradis fiscaux.

Pour ma part, j’ai une conviction: le temps passant, et bon an mal an, la crise se résorbera toute seule, comme d’habitude, les politiques vont accoucher de mesurettes, qui n’auront aucun effet de remède sur les causes profondes de notre dysfonctionnement financier. Certains -ou beaucoup ?- y laisseront des plumes, mais rien n’aura changé au fond jusqu’à la prochaine crise.
Pourtant ils avaient - je le dis déjà au passé, car la situation s’arrangeant, la capacité d’agir s’amenuise - une belle occasion pour imposer des mesures de long terme sans être pollués par les intérêts partisans des financiers, alors en grand état de faiblesse.