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ECOLOGIE et POLITIQUE

Ecologie, morale et libéralisme (21/01/2008)

Si l'écologie semble être le souci principal des nations développées, elle n'est pas le sujet de préoccupation majeur des pays en voie de développement et encore moins des pays sous-développés. Ces pays représentent pourtant plus de la moitié de la population mondiale, qui subit directement l'égoïsme des nations nanties. Quel est donc le problème ?

Le monde est arrivé à un presque consensus sur un modèle économique qui a nom "capitalisme" - je néglige les contestataires qui, malgré ce qu'ils en disent, ne représentent qu'une petite minorité de la population mondiale - mais il a réussi à en développer les effets pervers pour le bénéfice du plus petit nombre (et je ne parle pas encore de "libéralisme"). Ce système, qui est le résultat de bien des essais infructueux de gestion participative, dont le communisme n'a pas été le moindre, peut donc être considéré comme étant au moins crédible. Par contre il porte en lui des défauts qui sont autant de brèches dans lesquelles s'engouffrent les profiteurs de tous bords. Je ne crois pas que ce soit, à proprement parler, le système capitaliste qui soit en cause, mais un certain nombre de ses règles, ou plutôt d'absence de règles, voire la présence de permissions ou licences, qui incitent certains à en profiter au détriment d'autres et de dominer outrageusement des groupes ou des ressources, pour leur seul bénéfice personnel (j'entends par là des personnes physiques ou morales). Ce sont ces aspects que l'on nomme en fait "libéralisme". Derrière ce vocable, se cache la possibilité pour les gérants du capital d'intervenir "librement" sur des individus et des populations pour développer leurs activités, le prétexte étant que le développement des activités est synonyme de croissance et donc de plein-emploi, richesses, bien-être, que sais-je encore !

Tant que la gestion des ressources mondiales obéira à ces règles, toute velléité d'amélioration des conditions de respect mutuel entre l'homme et la nature, une écologie bien comprise donc, sera vaine.

Le décalage de notre morale occidentale...

Ce capitalisme, avec son corollaire le libéralisme, aboutissent immanquablement à une exploitation de plus en plus effrénée des moins favorisés par les plus puissants, que l'on parle de nation, de société ou d'individus, et ceci dans une spirale infernale qui ne fait qu'augmenter le fossé entre les deux extrêmes.
Notre morale occidentale, issue de religions monothéistes d'un autre âge, est incapable de gérer cette situation. Cette morale, qu'on le veuille ou non, se fiche éperdument de ces peuples errants, affamés, opprimés, parqués, quand ça n'est pas objet de génocides, dont au mieux des organismes humanitaires soulagent à peine les souffrances au nom d'un humanisme chrétien. Rien ou peu est fait pour les aider, et le peu de rétributions que leur accordent les organismes exploiteurs servent bien souvent à soudoyer ou corrompre les responsables politiques locaux.
Ce n'est pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, les faits prouvent que les pays développés veulent - peut-être inconsciemment, quoique... - éliminer cette frange de l'humanité et les beaux discours contre cet état de fait ne sont que balivernes.

S'agissant des plus grandes fortunes mondiales, on peut se demander d'ailleurs selon quelle logique ils amassent tant de biens dans la mesure où, en aucun cas ils n'en ont besoin pour vivre, même fastueusement. Elles sont certes des extrêmes dont la redistribution des richesses ne permettraient peut-être pas de renverser la situation, mais ils représentent un exemple de disparités plus globales des avoirs individuels en fonction des régions ou des nations d'une part, et des différentes classes de la société d'une nation d'autre part, montrant combien l'homme est avide de ses privilèges.
A mon sens, c'est pour infléchir cette situation que des actions régulatrices devraient être engagées et la pression de groupes activistes pourrait y trouver une justification dans la disparition, ou du moins l'atténuation des déviances du capitalisme, et en particulier celles qui alimentent le pillage des ressources et la corruption. Nous avons vu plus haut que le renchérissement de l'énergie allait accentuer la disparité des niveaux de vie, mais c'est aussi le meilleur moteur de la prise de conscience du problème par les individus. L'action devrait alors se concentrer sur les moyens à mettre en place pour sortir les plus défavorisés des conditions issues de cette logique infernale.

Des pistes de réflexion pour corriger les déviances du capitalisme...

Je ne propose pas des mesures qui tendent à changer l'homme et sa nature, cela à été essayé à maintes et maintes reprise sans succès parce qu'utopique, non, laissons-le aux utopistes, et pourquoi pas puisque c'est susceptible de maintenir une certaine conscience dans les domaines de la fraternité et de l'égalité.
Non, ce que je propose ce sont des mesures techniques visant à modifier les règles de fonctionnement du système capitaliste pour contrôler des enrichissements trop rapides, la spéculation pure, les prises de contrôle contre nature, comme par exemple celles des lobbies financiers sur des entreprises industrielles sans aucun autre objectif que d'empocher des plus-value rapidement au mépris de la pérennité de l'entreprise.
On peut envisager quelques pistes de réflexion, d'abord vis-à-vis des entreprises:

  • La taxation à outrance des parachutes dorés, profondément injustes vis-à-vis des employés d'une entreprise, pour les redistribuer de manière plus équitable.
  • La fiscalité sur les revenus pourrait être modulée avec une pondération liée au taux d'enrichissement en plus de son montant
  • Il est anormal et injuste que la fiscalité sur les revenus du capital soit plus favorable que celle du travail. Pourquoi le risque pris pour investir est-ils perçu comme plus important que le fruit du travail ?
  • Pour la même raison, l'intéressement des employés aux résultats - en plus et en moins - de l'entreprise devrait être développé, ce qui obligerait à une plus grande transparence de la hiérarchie vers la base, ce dont, en particulier, les entreprises françaises ont particulièrement besoin.
  • On devrait réfléchir à la possibilité d'interdire les retraites par capitalisation au profit des retraites par répartition où à chaque instant ce sont les actifs qui contribuent au financement de leurs anciens, ce qui a deux avantages: d'abord de maintenir la solidarité entre les générations, et plus simplement entre les hommes, ensuite d'éviter l'accumulation d'argent (les fonds de pension) qui permettent d'abord d'enrichir ceux qui les gèrent avant d'en faire profiter les bénéficiaires (se rappeler de la faillite d'Emron).
  • On peut se poser la même question pour les assurances, sociales ou autres: pourquoi maintenir des organismes d'assurances privés (mutuel ou pas), forcément à but lucratif, plutôt que de généraliser une mutualisation sociale, dont chacun profiterait équitablement ?
Morale politico-économique ou morale tout court ?...

Les fléaux de notre société contemporaine sont la drogue, le commerce des armes et des hommes et les jeux: ces trois pratiques sont immorales, sinon inhumaines, et permettent un enrichissement incontrôlé de certains et l'appauvrissement incontrôlé d'autres, ceci se faisant toujours au profit des quelques premiers par l'exploitation de la masse des seconds.
Au fait, quelle différence fondamentale y a-t-il entre la drogue et les jeux ? Tous deux mettent l'homme dans un état de dépendance, et c'est cette caractéristique qui est exploitée par leurs marchands. La seule différence est que la première résulte en maladie physique, tangible et que la société s'impose de guérir, et la deuxième est une maladie morale, moins visible, et que la société ne s'est pas encore imposée de guérir, et pour cause, elle constitue une source occulte de revenu pour l'Etat !

Ici encore, plutôt que des propositions concrètes, je proposerais des pistes de réflexion, en partant évidemment du principe volontariste qu'il est possible d'améliorer la situation:

  • La France, autrefois contrôlait vigoureusement les jeux, mais n'a pas résisté à leur attrait pour remplir les caisses de l'état. En ce sens les prélèvements ne sont pas encore assez élevés, mais l'implication et l'accoutumance des moins favorisés devrait plutôt inciter à leur interdiction: il s'agit en fait du plus injuste des impôts et je dénonce la publicité qui en est faite, y compris par l'Etat ou avec sa bénédiction.
  • Contre la drogue, les commerces occultes et le blanchiment d'argent qui en découle, il faudrait supprimer l'argent liquide. Ce qui n'était pas possible autrefois, devient possible maintenant grâce à la technologie: plus d'argent liquide, mais toutes les transactions par informatique sécurisée, ce qui permettrait de les tracer. Ainsi, fini le travail au noir, et finie la vente de drogue sous le manteau, difficiles les commerces de personnes comme le proxénétisme, les trafics de clandestins. Plus généralement toutes les transactions occultes seraient difficiles voire impossibles, la transparence des revenus des bénéficiaires étant assurée.
Morale ou écologie, ou morale et écologie ?

Le fonctionnement de notre civilisation contemporaine est fondé sur l'argent, qui, alors qu'il ne devrait être qu'un moyen, est devenu une fin. N'entend-on pas dire que telle ou telle oeuvre d'art à une valeur inestimable, sous-entendu, cela vaut beaucoup d'argent, ce qui engage certains à dépenser des fortunes pour se les procurer, même sans aucune capacité d'appréciation personnelle ? Les valeurs culturelles, artistiques ou sentimentales sont la plupart du temps comptabilisées en contrepartie monétaire: on ne dit plus "ceci est plus beau que cela", mais bien "ceci vaut plus cher que cela" !
Dans l'état actuel des choses, tous ces aspects engendrent des injustices inadmissibles, de plus ils sont une source de corruptions à tous les niveaux et vis-à-vis de tous les acteurs de notre société, et tous n'ont pas l'intégrité d'y resister. Je crois que tant que les hommes n'auront pas compris cela, les actions écologiques qui n'incluront pas la dimension vénale de l'homme, sont vaines.

Certes, la difficulté de mise en place de telles mesures est qu'elles doivent dépasser les frontières d'une nation pour être crédibles ou simplement applicables, et avoir une dimension mondiale pour éviter les transferts de capitaux entre les pays, mais est-ce que l'action à mener pour y arriver est plus ardue que celle que mènent les activistes de l'écologie ?

cubesA suivre...

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Resolution conseillee:1024x768px - Première mise en ligne 15/01/2007