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L'HOMME et sa SUBJECTIVITE

"Nous sommes tributaires de nos sens".

Sans doute, chacun l'admettra sans contestation. Or nos sens sont sujets à caution.

Ainsi, vous êtes vous déjà posé la question de définir les couleurs en valeur absolue ? Vous pouvez le faire par l'exemple, en disant - et tout le monde est en principe d'accord - "bleu comme le ciel, vert comme le pré ?", mais qu'en est-il du ressenti de cette couleur par vous-même ? Etes vous sûr que votre voisin ne voit pas le bleu comme vous voyez le rouge, bien qu'il soit d'accord avec vous pour admettre que le ciel est bleu ?

Les sensations que nous avons dépendent majoritairement d'un seul sens, et donc leurs données sont en général invérifiables. Dans certains cas seulement, la confrontation parait possible (au sens de ce que j'appréhende par mes sens) en faisant intervenir un deuxième sens: par exemple la vue et le toucher - je vois cet objet rond et je confirme en le touchant - ce qui peut sembler être une sorte de vérification, de preuve. Mais faisons attention que notre éducation, depuis notre plus jeune âge a eu pour objectif et pour résultat, entre autres, de mettre nos sens en cohérence. Qui plus est, en général nous inférons. Nous croyons appréhender une entité dans sa globalité grâce aux inférences (ajouts d?informations manquantes pour compléter ce que nous appréhendons plus directement) que nous effectuons continuellement et inconsciemment. Je peux être convaincu que la montagne que je vois là-bas a un versant opposé que je ne vois pas au-delà de ce que je vois, sans en avoir de preuve tangible. Cependant, je suis capable d'aller vérifier, bien sur, et ma conviction devant les faits est donc une question d'apprentissage.

Perceptions et illusions.

cubes

Mais dans certaines circonstances, nous sommes trompés, non pas par nos sens, mais par notre cerveau, par l'interprétation qu'il en fait. Ne vous êtes vous jamais trouvé devant un immeuble en cours de travaux, où, après vérification, seule la façade reste debout, alors que votre première impression était que l'immeuble était entier. Autre exemple, les trompe-l'?il, ce n'est qu'après une seconde analyse (certains détails, comme par exemple votre déplacement par rapport à la scène vous fait comprendre que c'est plat) que vous comprenez votre éventuelle méprise, et même alors vous admirez la qualité du rendu par l'artiste, c'est-à-dire que vous aimeriez bien que ce ne soit pas un trompe-l'?il, vous êtes en quelque sorte frustré. Plus encore, il arrive que, même la seconde analyse ne vous convainc pas de la réalité, c'est le cas de la plupart des illusions d'optique, interprétations distordues par notre cerveau de ce que voient nos yeux (voir les dessins ci-contre). Dans le cas du treillis qui semble représenter des cubes empilés, vous les voyez soit en relief, soit en creux, selon votre humeur.
Dans l'exemple des segments de droites parallèles, coupées par une succession de motifs asymétriques, vous ne les voyez pas parallèles, même après avoir vérifié par un procédé de mesure quelconque.

illusion

Certes il existe des définitions scientifiques de ce que nous voyons: on sait que la lumière est faite d'ondes électromagnétiques dont chaque fréquence correspond à une couleur, et nous avons inventé les outils qui nous permettent de mesurer tout ça, mais cela ne nous renseigne en aucun cas sur ce que nous ressentons réellement en nous même en voyant une couleur. Etant incapable de définir une couleur autrement que par l'exemple, vouloir mettre tout le monde d'accord est donc illusoire. Illustrons ce propos par un exemple: n'avez-vous jamais été confronté à une personne de l'autre sexe devant un "bleu" turquoise: les deux sont d'accord pour dire que la couleur est turquoise, c'est-à-dire un mélange de vert et de bleu, mais si vous demandez la dominante, à peu près systématiquement la femme vous dira vert et l'homme vous dira bleu (où l'inverse, je ne sait plus), ce qui prouve bien que tout le monde ne perçoit pas les couleurs de la même manière. Il en va de même pour tous les sens, le goût, l'odorat... Seulement certains paramètres sont plus consensuels, comme par exemple la puissance d'un bruit: le seuil de douleur est à peu près unanimement ressenti vers 110dBa (décibels acoustiques), bien que là aussi il y ait doute sur ce que représente la douleur chez chaque individu.

Notre environnement nous est personnel !

Bref, ce que je veux démontrer, c'est que notre compréhension du monde au travers de nos sens ne peut en aucun cas nous assurer qu'il est le même pour tous. Or comme nos sens sont les seuls organes d'interface avec cet univers, finalement notre univers est tout relatif, subjectif, et donc finalement le résultat de sa construction par notre cerveau, à partir de stimuli qui eux ont pourtant été modélisés scientifiquement (du moins pour certains) est très personnel. De là à croire que chacun voit l'univers qu'il veut bien, et donc que l'univers, y compris notre environnement immédiat, et les autres humains en particulier, n'est que le résultat d'une construction personnelle, il n'y a qu'un pas. En fait rien ne nous permet de démontrer la réalité absolue de notre existence matérielle.

Nous voyons, au mieux, le monde en fonction de notre éducation, qui a en particulier participé à mettre nos différents sens en cohérence, et au pire, nous l'inventons. Et tout milite en faveur de ce doute, la communication entre les hommes est extrêmement aléatoire: on sait que le message passé à l'autre n'est transmis en réalité qu'avec une fiabilité d'un tiers (tous les séminaires de communication l'enseignent et l'illustrent) et qu'il faut mettre en jeux des procédés de reformulation pour en améliorer l'efficacité. Cela participe ainsi à la différentiation des impressions entre les individus.

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Resolution conseillee:1024x768px - Première mise en ligne 15/01/2007