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Un ESSAI sur le PROGRES

Ajout 18/09/2007

Deuxième partie: des progrès conflictuels

Nous allons mentionner et analyser quelques exemples actuels et conflictuels de progrès (dont les auteurs sont les hommes conformément à notre définition, étant entendu que personne ne pense à critiquer l'évolution naturelle, celle sur laquelle l'homme n'a, provisoirement ? aucun pouvoir), dans des domaines divers tels que le nucléaire, la biologie et génétique, l'informatique... dont les conséquences sont réputées néfastes par les minorités mentionnées dans la première partie de cette réflexion:

Les puces pour passeports et cartes d'identité:

En France il y a eu flottement, de la part de la CNIL, sur l'utilisation de puces pour les passeports, selon le constat que beaucoup d'informations personnelles peuvent y être stockées, et que la mise en fichier informatique devient aisée. Dans ce domaine il a fallu composer avec l'intransigeance des Etats-Unis pour accepter l'utilisation de cette technologie. Or, ne faudrait-il pas plutôt se battre pour que l'utilisation des fichiers informatiques ne soit pas détournée à des fins totalitaires ou d'exploitation des individus, et chercher à mettre en place les garde-fous correspondants ? Comme de toute façon cette généralisation des fichiers informatiques concernant les individus se fera (elle est largement en cours, sans que le individus s'en rendent vraiment compte, mais c'est un fait) - on n'arrêtera pas le progrès ! - , il vaudrait mieux se concentrer sur les conséquences, et réfléchir aux parades à mettre en place pour que la vie privée des individus soit respectée, plutôt que de se battre pour que ces fichiers n'existent pas, au risque de se trouver devant le fait accompli, sans aucun moyen d'action en cas d'exploitation frauduleuse ou à caractère totalitaire.

Plus avancés encore que les puces implantées dans des documents, les implants de puces électroniques dans le corps humain: la technologie des implants artificiels actifs (par opposition à des implants substitutifs de tissus), est déjà banalisée par l'usage des pacemakers. Sous la forme de puces d'identité, elle se généralise sur les animaux et est expérimentée sur les humains. Cette technologie devient sensible à cause de la miniaturisation de plus en plus importante des systèmes électroniques qui peut faire craindre une certaine prise de contrôle des individus.

Commentaire:

Cet exemple illustre l'incapacité fort répandue des hommes à prendre du recul, à regarder assez loin dans le futur, à imaginer le sens du progrès, et sa propension à refuser une évolution qui est inéluctable. Pourtant, les progrès de la miniaturisation permettent déjà de concentrer des services variés dans des appareils de plus en plus petits (téléphone, lecteur MP3, ...), et même de les intégrer dans des vêtements. Il parait évident qu'un jour ou l'autre ces services pourront être implantés dans le corps humain pour en accroître la capacité sensitive. Ce ne sont pas les exemples qui manquent dans l'histoire pour montrer que les résultats du progrès (toujours selon sa définition de la première partie) ont toujours fini par être utilisés. Bien souvent d'ailleurs, les retombées néfastes éventuelles ont été combattues et corrigées seulement après coup, après constat des conséquences. Pour ne citer qu'un exemple, mentionnons la mécanisation industrielle (métier Jacquard).

Le clonage et les manipulations génétiques:

Ici aussi, le "progrès" est inéluctable, et les utilisations vont se généraliser envers et contre toutes velléités de limitation. Deux caractéristiques de nos aspirations vont permettre cette généralisation: l'amélioration du bien-être et l'intérêt financier. Pour le premier aspect, des applications qui semblent aujourd'hui marginales et acceptables (croissance de cellules embryonnaire en vue de soigner des parents de même sang par exemple), seront exceptionnellement autorisées, puis ces pratiques vont se généraliser amenant progressivement, en vertu de la mise devant le fait accompli, l'élaboration d'une jurisprudence anarchique, débouchant sur des réglementations compliquées, et donc contournables ! Pour le deuxième aspect, les avantages apportés par les manipulations génétiques, par exemple dans le domaine agricole, permettant d'améliorer les rendements de production et l'immunité aux parasites, seront exploités par certains, pour finalement s'imposer, simplement parce qu'elles seront mises en concurrence avec les procédés traditionnels moins productifs.

Commentaire:

Et tout ça parce qu'on n'aura pas voulu prendre conscience de l'inéluctabilité du phénomène, et se mettre à réfléchir à ses conséquences, pour proposer son encadrement: on préfère d'abord agir pour interdire ! En fait, ce que je propose, serait d'instituer à chaque émergence de fait de progrès, une commission, si possible internationale, dont le rôle serait d'imaginer toutes les conséquences possibles de ce fait de progrès sur notre société, et de proposer un cadre juridique pour les maîtriser. Certes, l'exercice est difficile d'imaginer les implications d'un tel fait de progrès dès ses prémices, mais, pour ce faire, les techniques de créativité existent et sont largement éprouvées par leur utilisation en Recherche et Développement, et ce serait autrement productif que de combattre le progrès.

Internet:

La généralisation du média illustre bien ce qu'un progrès peut avoir d'inéluctable, voire d'incontrôlable. Lorsque j'étais étudiant dans les années 1960, et que, dans le cadre de mes réflexions mystiques, je réfléchissais à l'évolution de l'humanité, comme le fait, je suppose, toute personne à un moment de sa vie, je pensais que cette évolution était caractérisée par une intensification de la communication entre les hommes, ceci ayant pour finalité de les rendre plus heureux. Je pensais volontiers, alors, et parce que les progrès des techniques de la communication étaient encore limités, que cette communication allait se faire par le biais d'une maîtrise des phénomènes de télépathie. Or depuis la naissance d'Internet, dont j'ai été parmi les premiers utilisateurs français, mes réflexions ont évolué dans le sens où il me semblait que l'Internet était cette voie de communication que j'envisageais autrefois. Le démarrage d'Internet au niveau mondial promettait d'être un moyen de communication naturel, sans contraintes, entre les hommes, et son évolution était vue, par moi, comme devant se faire dans le sens d'échanges de plus en plus denses d'informations: d'abord le texte, puis la parole, puis les images, puis des séquences de réalité virtuelle, bref une évolution vers des liens de plus en plus intimes et complets entre les individus, ou groupes d'individus. L'exemple de possibilités qu'offre Internet, et qui illustre le mieux ce que je pensais de l'orientation qu'il allait prendre, est le Peer to Peer, c'est à dire des échanges directs entre les internautes, sans intermédiaire actif, autrement que comme relais physique de communication. Je n'avais certes pas prévu, dans ma naïveté, la mainmise par les lobbies commerciaux et mercantiles, propre à enrichir certains individus au détriment des autres, ainsi que l'utilisation à des fins de propagande pour toutes sortes de causes plus ou moins acceptables. Mais avec un peu de réflexion, cela était pourtant inéluctable, car inhérent à la nature humaine, et curieusement aucune minorité agissante n'a essayé de lutter contre la généralisation de cette technologie. Ce sont, au contraire les organismes officiels conscients du risque de perdre certains contrôles, ou les lobbies commerciaux et financiers, âpres à ne pas perdre leurs privilèges, qui essaient de limiter l'accès au médias ou d'en interdire certains processus. Or, l'interconnexion des réseaux, l'indiscernabilité, de fait, des chemins empruntés par l'information, ainsi que les possibilités de cryptage (dont le gouvernement français a, un temps, tenté, mais sans succès, de minimiser l'usage) ne vont que s'accroître rendant de moins en moins probable la surveillance de ces échanges. Tout se passe comme si l'homme avait créé, presque inconsciemment, sans vraiment le vouloir, cette voie de communication inéluctable pour l'histoire de son évolution, à laquelle je pensais autrefois. Ne nous faisons pas d'illusions, ce phénomène de densification (grosseur des "tuyaux" et multiplication des chemins) des moyens de communication est irréversible. Personne, aujourd'hui, ne pourrait prendre l'initiative de couper ce réseau, au risque de mettre en péril l'économie, la politique, et les intérêts mondiaux, d'ailleurs quelqu'un le pourrait-il matériellement, sachant que la seule possibilité serait d'interrompre l'alimentation du réseau en énergie, ce qui est impensable vu sa dispersion. Tout au plus voyons nous des Pouvoirs essayer de limiter, par un cadre légal et répressif, l'accès de leurs administrés à certaines informations, mais ces velléités sont vaines, d'abord parce que l'accès est difficilement contrôlables pour l'ensemble d'une population, et ensuite parce que l'inventivité des hommes n'a pas de limite, et crée des possibilités de contournement sur lesquelles les pouvoirs n'ont de parades qu'après coup.

Commentaire:

Il s'agit de l'éternel problème du gendarme et du voleur, ou le remède suit toujours le "mal" - si mal il y avait ! - . Sans parler de ces contraintes apportées par certains gouvernements à leur population, et qui ne pourront pas perdurer, j'espère que les tentatives de limitations d'échanges de type P2P échoueront elles aussi. Aujourd'hui, ces tentatives sont promues par des intérêts particuliers qui voient leurs traditionnelles sources d'enrichissement leur échapper. Elles sont le reflet du conservatisme naturel de certains, en particulier de ceux qui vivent dans un système devenu routinier, où on ne sait pas se remettre en cause. Le fonctionnement des SACEM et assimilés, et des producteurs artistiques de toutes sortes, ne serait-il pas caduque ? Et les artistes ont-ils, ou auront-ils, encore besoin de tels organismes pour s'exprimer et être rémunérés ? Voilà la vraie question que nous sommes tenus de nous poser face à ce phénomène de communication universel auquel nous avons maintenant accès. Evidemment, ce ne sont pas ceux qui vivent du système actuel qui vont naturellement se mobiliser pour proposer des solutions dans l'intérêt des artistes, mais il faut qu'ils sachent qu'ils ont perdu d'avance à vouloir maintenir leurs privilèges. Ce serait plutôt aux Gouvernements responsables, au politique en général, de mettre en place, de la même manière que je le disais plus haut pour tout progrès, la structure de réflexion et de proposition adéquate, pour répondre à cette nouvelle donne: comment faire en sorte que, dans le contexte actuel de possibilités d'échanges de fichiers entre tous les hommes, la création artistique continue d'être encouragée et que ses acteurs soient justement rémunérés (et non pas ceux qui vivent d'une valeur ajouté sur leur dos) ? Acheter un CD ou un DVD aura-t-il encore du sens lorsque tout le monde aura accès à Internet et possèdera une capacité de mémoire locale suffisante pour enregistrer tout ce qu'il souhaite ? Nous n'en sommes pas si loin avec déjà 30 millions d'internautes (près de 50% de la population au 1/8/2007) en France et des disques durs dont les capacités commencent à se mesurer en teraoctets (1012 octets ou 1 000 000 000 000 octets).

Les OGM:

Il s'agit d'un cas particulier exemplaire de manipulations génétiques citées plus haut où quelques minorités, très peu représentatives sans doute (et très franco-françaises, semble-t-il, d'ailleurs), exercent leurs talents subversifs. En fait aucun argument sérieux n'existe contre les OGM, sinon la mise en avant d'un principe de précaution. Il s'agit bien là d'un manque total de discernement, d'abord parce qu'il n'est jamais fait mention des avantages apportés par ces organismes modifiés par l'homme, ensuite parce que le combat est perdu d'avance, la France risquant d'être le dernier pays à ne pas vouloir les exploiter, se rendant ainsi tributaire de l'offre étrangère lorsque la culture se sera généralisée. Et si par hasard les risques étaient nuls ? La véritable action constructive, face à ce problème serait plutôt de manifester pour une accélération des recherches sur les risques éventuels et supposés.

Commentaire:

Il semble que notre époque contemporaine correspond à l'aube d'une ère nouvelle: celle qui verra la capacité de l'homme à intervenir sur les organismes vivants - sur tous les organismes vivants - pour les modifier et tenter de les adapter à ses besoins. Certes la voie sera semée d'embûches, de tentatives infructueuses, d'erreurs et de catastrophes. Mais pour autant cela empêchera-t-il la marche du progrès ? En d'autres termes une partie de l'humanité serait-elle en mesure - et le sera-t-elle un jour - d'empêcher les chercheurs, les curieux et les inventifs de satisfaire leur penchant ? On peut affirmer que l'homme joue ainsi à l'apprenti sorcier, mais n'est-ce pas là sa spécificité: l'intelligence dont il fait preuve n'engendre-t-elle pas obligatoirement cette soif de comprendre, d'approfondir, d'essayer toujours des choses nouvelles que d'autres s'ingénieront à exploiter, avec évidemment des risques pour l'humanité ? Je crois qu'il est vain - et de toute façon voué à l'échec - de vouloir arrêter le progrès, ou plutôt de le nier en proposant de revenir en arrière: cela revient à nier la nature humaine.

Le Nucléaire:

Je ne veux parler ici que du nucléaire civil. Si l'on analyse les relations de dépendance des nations entre elles, il est clair que sans le nucléaire, certaines - celles qui ne possède pas ou peu de richesses naturelles - seraient dépendantes de celles qui les possèdent. Tant que l'homme ne saura pas utiliser efficacement les énergies dites renouvelables, le nucléaire apparaît, provisoirement du moins, comme le seul moyen de disposer du complément énergétique dont ont besoin les pays développés ou en voie de développement. Les contestataires qui voudront lutter contre l'utilisation de cette énergie se heurteront toujours à la masse de ceux qui aspirent à disposer d'un bien-être que leur doit leur nation. C'est finalement une grande hypocrisie que d'interdire l'accès au nucléaire aux pays sous-développés sans ressource d'énergie fossile, et il est frappant de constater que les activistes de ce combat sont précisément issus de pays développés et disposent ainsi des moyens appropriés d'actions.

Commentaire:

On commence seulement à maîtriser l'utilisation de l'énergie nucléaire, en instituant des accords internationaux pour limiter l'usage à des fins militaires. Au plan opérationnel, en dehors des aspects de sécurité, qui nécessitent bien une vigilance de tous les instants de la part des professionnels du secteur et une surveillance constante des populations en général (ou de leurs dirigeants) et des activistes en particulier pour maintenir la pression sécuritaire sur les premiers, le problème fondamental que pose le nucléaire est celui des déchets. Mais ce problème n'est pas véritablement propre au nucléaire: les rejets de la consommation d'énergie fossile dont on dit actuellement qu'elle est la cause du réchauffement climatique, n'ont-ils pas aussi une influence à long terme sur notre planète ? Et si l'on connaît scientifiquement la fonction de décroissance de la radioactivité des déchets nucléaires, on ne peut aujourd'hui estimer la durée des effets de l'utilisation de l'énergie fossile. Il se trouve que l'évolution de notre monde, parce que peuplé d'hommes doués de ce qu'on appelle l'intelligence, en tout cas de la capacité de raisonner, dépend directement de cette nature humaine que d'aucuns ne cessent de vouloir changer. Il serait plus efficace, pour les activistes anti progrès, de militer en faveur de la recherche des meilleures protections contre les inconvénients et les risques du progrès que d'essayer de le combattre.

cubesA suivre - Troisième partie: Conclusions

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Resolution conseillee:1024x768px - Première mise en ligne 15/01/2007